Dans la section
Depuis plusieurs années, les médecins ont pris conscience du coût élevé du stress relativement au bien-être de la société. Selon les omnipraticiens, les deux tiers des visites aux généralistes sont occasionnées par des symptômes reliés au stress. D’autre part, les chefs d’industrie s’inquiètent de plus en plus des sommes exorbitantes englouties dans l’absentéisme, les frais médicaux des compagnies et les baisses de productivité reliées au stress. On reconnaît maintenant que le stress contribue largement, que ce soit de façon directe ou indirecte, aux maladies coronariennes, aux troubles respiratoires et digestifs, aux blessures accidentelles, aux cirrhoses du foie et aux suicides. Le stress pourrait également jouer un rôle pernicieux au niveau du cancer, de la sclérose en plaques, du diabète, etc. Les médicaments les plus vendus aux États-Unis sont ceux qui soulagent les ulcères d’estomac, contrent l’hypertension et calment les nerfs. Personne ne peut vraiment dire s’il y a plus de stress de nos jours, mais il semble qu’il soit plus sournois. Les gens vivent dans un monde d’incertitude, de menaces constantes, que ce soit la guerre ou la perte d’un emploi. Les médias, la télévision entre autres, exposent continuellement les problèmes du monde entier dans les salons, ramenant, par le fait même, calamités et conflits à proximité de chacun. De plus, s’ajoutent à l’anxiété générale les changements de valeurs et les bouleversements qui s’ensuivent. Alors qu’autrefois le stress pouvait n’être qu’occasionnel, il est devenu aujourd’hui chronique. Fait étrange, il semble que les pressions aient développé une catégorie d’individus qui recherchent constamment les sensations fortes, qui préfèrent l’état de surexcitation au calme et ce, souvent à leur propre détriment. Ces personnes seraient, en quelque sorte, intoxiquées par leurs propres sécrétions d’adrénaline. Comme l’a démontré Hans Selye, quand la réponse « lutte ou fuite » devient chronique comme durant la guerre, des changements chimiques de longue durée se produisent au niveau de l’organisme entraînant des conséquences telles hypertension, taux d’artériosclérose plus élevés, baisse d’efficacité du système immunitaire et toute une série d’autres problèmes. La personne possède une très bonne capacité de mobilisation pour faire face à un stress intense mais de courte durée. Cependant, elle se retrouve plus démunie lorsqu’elle doit maintenir cet état de lutte de façon persistante afin d’affronter des stress récurrents. En observant comment une même situation peut avoir des répercussions différentes chez diverses personnes, chercheurs et spécialistes en sont venus à préconiser certaines stratégies préventives. Des éléments tels l’impression d’être en contrôle de sa vie, le soutien social qu’apporte la famille ou un réseau d’amis ou certains traits de caractère comme la flexibilité ou une attitude positive face à la vie ont été identifiés comme favorisant une meilleure adaptation au stress, alors que des exigences très élevées avec peu de contrôle de la situation augmentent le risque de répercussions néfastes. Pour contrer la montée vertigineuse du stress et des coûts astronomiques qui s’y rattachent, divers programmes préconisant l’exercice physique, une saine diète, la relaxation, un style de vie plus modéré et des moyens de mieux contrôler sa vie ont été développés. Certains conseils relèvent du simple bon sens : cesser de fumer, perdre du poids, diminuer la consommation de café ou d’alcool, éviter les drogues, couper le sel, faire de l’exercice, prendre des vacances…. Beaucoup mettent l’emphase sur l’apprentissage de la relaxation. Certains recommandent la pratique quotidienne de 15 à 20 minutes de méditation. Cette technique entraînerait des changements physiologiques durables tels le ralentissement du rythme cardiaque, une meilleure oxygénation, une baisse de tension artérielle et la réduction de symptômes reliés au stress. Ce serait un antidote naturel à la tension, une réponse s’opposant au réflexe de « lutte ou fuite ». La méditation n’est qu’une des nombreuses techniques pouvant être utilisées pour développer cette réponse de relaxation. Un effet similaire peut être obtenu en suivant quatre étapes très simples :
On peut également avoir recours à un enregistrement de la mer ou autre, pourvu que l’on fasse le vide et que l’on devienne inconscient de tout ce qui se passe autour. En fait, des techniques telles la relaxation musculaire, la rétro-action (biofeedback), l’auto-hypnose et la respiration rythmique ne sont que des moyens différents qui peuvent amener un état de détente complète et qui sont utilisés pour soulager divers maux reliés au stress comme les migraines ou les ulcères… Et les recherches démontrent leur efficacité. Grâce au relâchement musculaire, à la respiration profonde ou à l’imagerie mentale, les gens découvrent qu’ils ont du pouvoir sur le stress, qu’ils peuvent le maîtriser. Certaines personnes apprennent à contrôler leur pression artérielle ou la température de leur corps par la rétro-action, en étant d’abord reliées mécaniquement à un instrument de mesure. Graduellement, elles en viennent à obtenir les mêmes résultats par elles-mêmes, car en réalité, le biofeedback ne fait que rendre les personnes conscientes de ce qui se passe dans leur propre corps. Avec la pratique, elles parviennent à contrôler, par la puissance de leur volonté, des réponses qu’on disait « involontaires ». De telles méthodes sont de plus en plus expérimentées pour accélérer la guérison chez certains patients ou ralentir le processus de détérioration de certaines maladies, telles le cancer, la sclérose en plaques, etc. Attention, il ne s’agit pas de solution miracle à toutes les maladies ! Cependant, les patients, en contrôlant l’anxiété qui souvent les tenaille et s’avère néfaste à leur état, sont plus positifs, éprouvent un mieux-être et améliorent leur qualité de vie. Les grandes corporations ou compagnies sont de plus en plus conscientisées aux bienfaits de la relaxation, car si les travailleurs parviennent à réduire les pressions occasionnant maux de dos, troubles cardiaques et tensions nerveuses, ce sont, en fin de compte, des millions qui seront économisés. On commence à reconnaître que trop de pression nuit à l’efficacité ; alors qu’un certain niveau de pression est nécessaire et améliore même la performance, un niveau trop élevé amène des résultats inverses – la productivité peut même chuter drastiquement. En fait, des pauses de relaxation augmenteraient le rendement. Aussi, beaucoup de compagnies ou d’employeurs se dotent graduellement de services de gestion du stress ou de santé mentale pouvant offrir divers programmes tels que des cours de relaxation, de méditation, des classes de conditionnement physique, des sessions pour vaincre l’alcoolisme, des thérapies… Il faut se souvenir que quels que soient les moyens utilisés, le but ne vise jamais à éliminer complètement le stress, mais à bien le gérer, à trouver un juste équilibre afin de maintenir le piquant de la vie sans être anéanti par les pressions.
Sujet :
Grand public,
Grand public
|
