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Réechanter la vie

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COMME UNE BOUGIE À LA TABLE D’UN REPAS CHALEUREUX

Comme une bougie à la table d’un repas chaleureux
Il y a de ces moments de grâce dans la vie
qui touchent nos fibres les plus sensibles du cœur.
Rencontre d’être à être.
Voix, regards et sourires
qui viennent du fond de l’âme.
Rires et pleurs qui s’enlacent
et se consolent.
Avec des silences réconfortants.
Chimie d’intimité et d’altérité,
de chair et d’esprit, de pain et de vin.
Renouement avec les profondeurs spirituelles
de notre humanité.
Et parfois d’indicibles sortilèges
et d’ineffables envoûtements.
Un-je-ne-sais-quoi de transcendant,
de mystique, d’inconditionnel, de gratuit.
Comme l’ami qui sait tout de toi
et qui t’aime quand même.

Pareils moments ressemblent au tête-à-tête,
à la chandelle d’une table où l’on partage
le plus secret de soi, tout autant que
la saveur d’un bon petit plat.
Dans le clair-obscur d’un soir intime,
quelque part, hors des froides habitudes,
dans un coin de paix,
de tendresse et de silence,
il n’y a là que la petite flamme d’une bougie
qui fait danser la prunelle de nos yeux
et chanter la joie intérieure de nos âmes.

Si peu et pourtant un je-ne-sais-quoi
de profonde vérité et d’affectueux attachement,
un accord intérieur,
une rencontre d’âmes,
un frémissement de la fibre la plus intime
de nos corps, de nos visages, de nos mains,
une présence à son propre mystère,
à celui de l’autre.

Car ce n’est pas en pleine lumière,
mais au bord de l’ombre que les rayons de la bougie
illuminent nos secrets.
Silence, réserve, respect de l’autre,
humaine chaleur dans l’amitié et l’amour vrais.

Oui, chair fragile de notre vie,
semblable à la cire qui se consume à un feu
toujours prêt à faire reflamber notre indicible mystère,
celui de nos amours,
celui de nos jours si courts.

Lentement, la chandelle s’abaisse
comme l’or d’un crépuscule,
juste le temps qu’il faut pour retrouver
et son cœur et son âme,
dans ce tête-à-tête unique, irremplaçable,
si modeste, si proche
et pourtant hanté comme la mer
par des choses lointaines et majeures.

Nos vies, nos amours sont des bougies
qui se consument irrémédiablement,
remuées par le souffle du temps,
et dont la flamme oscille
entre l’obscurcissement et la clarté qui la ranime,
entre mèche noircie et lueur d’or,
tantôt bleue, tantôt orangée.
Et nous voilà sur cette ligne de crête
où confinent le temps et l’éternité,
la chair et l’esprit, le destin et la liberté.
Flambée de l’angoisse la plus intérieure
qui cache sous sa cendre
une braise de certitude mystérieuse.
L’amour de la vie.

Et tout au bout,
quand la bougie s’éteint,
la dernière flamme répand plus de clarté
que celle qui se consume doucement.

Comme la nature, au sortir de l’été,
qui livre, à pleins feux, toutes ses couleurs,
avant l’hiver des grands dénuements.

Mais toujours cette quête
d’un feu qui ne meurt pas
comme ces amitiés indéfectibles
qui résistent à l’usure du temps
au creux d’une même foi.

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