À l’occasion de la Semaine nationale de la santé mentale et des Journées bi-annuelles de santé mentale, l’Association canadienne pour la santé mentale, filiale de Montréal, propose un temps de sensibilisation et de réflexion.
RÉSUMÉ DES GRANDES CONFÉRENCES La santé mentale au travail du personnel soignant Les transformations du réseau de la santé au cours des dernières années ont souvent été associées à une augmentation importante de l’absentéisme au travail pour des problèmes de santé mentale. Parmi les causes à l’origine de ce phénomène, outre l’augmentation de la charge de travail, on note le manque d’autonomie et de reconnaissance, de même que l’insuffisance de soutien de la part du supérieur ou des collègues. Dans le travail en relation d’aide, il peut en résulter un état de souffrance éthique associée au difficile arbitrage entre les exigences des normes professionnelles et la réalité des moyens disponibles pour faire un travail de qualité. Le gestionnaire, à titre d’individu vulnérable et de personne responsable, a tout intérêt à se familiariser avec cet univers, tant pour sa propre santé que pour celle de l’organisation.
Aesklepios, le guérisseur blessé : un mythe à la base de toutes les professions en relation d’aide
Orphelin à la mort de sa mère, abandonné par son père, l’enfant Aesklepios, qui est à moitié Dieu et à moitié humain, apprend tôt ce qu’est la souffrance. À titre de Dieu de la guérison, il enseigne la médecine tandis que sa condition de mortel qui a souffert, nous apprend l’art de l’empathie. Le guérisseur a le désir évident d’apporter de l’aide, de soulager la souffrance. L’intervenant s’identifie aisément à cette dimension mais ne saurait occulter la partie blessée de son être. Pour que l’intervenant puisse exercer une influence favorable, il doit aménager un espace où peuvent cohabiter le soignant et le soigné. C’est ce que le mythe d’Aesklepios nous enseigne de plus important : le guérisseur a besoin de sa propre blessure pour pouvoir se connecter à celle des autres.
L’intervention comme expérience sociale
C’est dans la pratique qu’il est souvent possible de remettre en question sa propre conception de l’intervention en santé mentale. Les techniques sont utiles mais induisent une certaine notion de l’autre et de la place que l’intervenant occupe face à cet autre. Il faut se rappeler qu’au-delà des approches théoriques, l’intervention est une expérience sociale et culturelle, une relation intersubjective et symbolique entre des individus dotés de statuts et de rôles sociaux. Nous explorerons cet espace entre l’intervenant et le sujet où derrière chaque geste et chaque mot se profile un discours social. Cette réflexion est essentielle dans un contexte de soins de santé où la complexité des besoins ne cesse de s’accentuer, déroutant parfois, par son ampleur, le praticien.
TABLE RONDE : Aménager des espaces d’humanité
Karen Hetherington, directrice adjointe des stages, École de service social, Université McGill Dr Pierre Léouffre, psychiatre, Hôpital Louis-H. Lafontaine Michel Perreault, psychologue-chercheur, Institut Douglas Les actes de ce colloque ont été publiés dans un numéro spécial du magazine Équilibre. <Consultez un extrait |
